Voyager, c’est renoncer à tout voir.

Couché de soleil, Kii-Tanabe
Octobre 2019
 © On the road (Encore)

J’avais préparé ce voyage si minutieusement que mes journées étaient programmée à chaque minute. J’avais fait des listes par ville et par quartier des sites à voir pour rentabiliser au maximum mon séjour. J’avais peur de passer à côté de lieux incontournables. 

Je partais donc le matin vers 9h, prenais le métro, et marchais le reste de la journée. Lorsque l’on connait un peu Tokyo, on sait que les distances n’ont rien de comparable à une ville française. Je marchais en moyenne 15 kilomètres par jour, avide d’en voir le maximum. 

Et puis… 

Le quatrième jour, après trois journées et nuits enchaînées jusqu’à point d’heures, alors que je me rendais à la Tokyo Skytree, j’ai découvert un parc le long d’un petit court d’eau… Au début, j’avais les yeux rivés sur mon GPS, de peur de me perdre, d’arriver tard ou je ne sais quel autre pensée que peut avoir une nana stressée. Lorsque j’ai enfin mis mon téléphone dans ma poche, et regardé autour de moi, j’ai été surprise par le calme…

Pas un bruit en dehors du ruissellement de l’eau…

En plein centre de Tokyo, cela m’est apparu comme irréel. Oublié la Skytree, je me laissais absorbée par le paysage… J’ai ralentis le rythme et en ai profité pour observer les gens, les animaux et la végétation…

Tokyo Skytree, Tokyo
Septembre 2019
 © On the road (Encore)

Il y avait cette vieille dame, sereine, assise sur un rocher au bord de la rivière, en harmonie avec le paysage environnant. Lorsque nous nous sommes croisées, nous nous sommes saluée mutuellement avec un sourire, discret mais sincère, agrémenté du “ 今日は ” de rigueur. Un petit rien qui m’a fait chaud au cœur.

Un peu plus loin, à l’aval du ruisseau, j’ai pris le temps de contempler une cascade… De laisser le bruit de l’eau raisonner en moi… J’étais calme. J’étais bien.

Et, en laissant filer mes idées, j’ai réalisé que ma manière de voyager jusque là n’était pas celle que je souhaitais. J’avais envie de prendre mon temps, de profiter de ces moments de bonheurs. J’ai compris que je n’aurais pas assez d’une vie pour tout voir, et que cela n’était pas grave. Tant pis si je passais à côté de certaines choses, tant que je pouvais me souvenir, en rentrant, de tous ces instants de bonheur éphémères… Je suis donc restée là, à dessiner sur mon carnet…

Au bout de 15 minutes, je suis repartie, las de servir de déjeuner à une horde de moustiques tigres. Eh oui, être poète dans l’âme, ne protège pas de la réalité ! ❤

La cascades aux milles moustiques, Tokyo
Septembre 2019
 © On the road (Encore)

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